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Pari gagné de Bétika

Pari gagné
 

Un exploit ou rien, telle était la mission de Bétika, vendredi dernier, lors de son concert au Palais de la Culture. Tant ils étaient nombreux, les sceptiques, sur ses capacités à tenir une scène… en live.
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28/12/05 • Un jour d’octobre 2001, au hasard d’une rencontre, Bétika tombe sur Didier Drogba. Sans même connaître la chanteuse, la star du ballon rond sent en elle une battante. Et il ne manque pas de lui dire de mettre un peu plus de cœur à l’ouvrage parce qu’un jour son étoile brillera. Depuis, Bétika a gardé ces paroles au fond de son coeur avec le secret espoir de réaliser un jour, «la prophétie» du célèbre footballeur.
Entre cette rencontre avec Drogba et aujourd’hui, Bétika a sorti Pardon missié, le troisième album de sa carrière. Un disque dont l’un des titres, Fakaloh, a émergé de la déferlante coupé, décalé pour devenir l’un des tubes, sinon le tube de cette fin d’année 2005. Et le concert du 23 décembre, à la salle Anoumabo, devait venir conforter ce succès.
Mais comme on le sait, un concert live est un couteau à double tranchant. Il peut faire ou défaire la réputation, la carrière d’un artiste. D’autant plus que le souvenir des échecs cuisants de quelques uns d’entre eux, dans cette même salle, est encore vivace dans les esprits.
Et ils étaient nombreux les sceptiques sur les capacités de Bétika à faire le plein et à y assurer un live.
Le jour J, vendredi 23 décembre, malgré des semaines de répétition, un petit doute s’était emparé de la chanteuse.
«A 15 heures, dans ma chambre d’hôtel, franchement, je me posais de nombreuses questions. Les gens avaient dit tellement de choses sur mes capacités vocales que je me demandais si j’allais être à la hauteur. Je me demandais si le public allait venir…Mais vers 17 heures, lorsque Tonton Bouba m’a appelée pour me dire que mon public était là et qu’il m’attendait, j’étais soulagée. Dieu avait exaucé mes prières. A partir de là, je suis entrée en méditation, je ne parlais à personne, je n’avais qu’une chose en tête : réussir…»
Le soir, au pied du podium de la salle Anoumabo, c’est une Bétika plutôt relax qui met la dernière main à son maquillage…dans sa voiture. Très accessible, elle répond invariablement ceci à tous ceux qui l’accostent : «Ça va aller, les gars ; je suis prête, je suis chaude même. Je veux prouver sur scène…»
Juste le temps de voir Joelle C finir son tour de chant et voilà Bétika sur scène, devant une salle comble. Son entame est spirituelle avec le morceau Merci Jésus ! Après quinze minutes de mise en train, Bétika est sur orbite pour réussir son premier live. Sur des notes de high life, zouk, slow…distillées par l’orchestre Famzo, elle assure le spectacle. Pas de grande performance vocale, pas vraiment de panache, mais elle a le mérite de s’appliquer et cela suffit au bonheur de la majorité des spectateurs dont une autre partie est à se demander si Teeyah et Roger, annoncés à grand renfort de publicité seront là.
Patrice Ano, producteur de la première citée vend la mèche : «Teeyah devait être là depuis 15 heures, mais son avion est tombé en panne.
Et malheureusement, Roger aussi était dans ce même avion, donc les deux artistes ne seront pas là». Mais le public ne le sait pas, on ne le lui dira jamais. Ceux qui sont venus spécialement pour Teeyah et Roger attendront, en vain.
A l’intermède du concert, Bétika cède le micro à Pierrette Adams, la salle s’anime, vibre, crie...
A son retour, Bétika enchaîne les morceaux. Certains traînent en longueur, au point d’ennuyer, par moments quelques spectateurs. Mais tout le monde s’est «réveillé» à l’exécution, au finish, du très attendu Fakaloh. Pour le dernier titre de la soirée, “la Bétik” est montée sur scène en robe de mariée, histoire d’ajouter une note pathétique et imagée à la chanson. On a même eu droit à un Fakaloh sur scène (il s’agit de l’acteur qui joue dans le clip de la chanson)…
23 heures, un peu plus de deux heures après son entrée en scène, c’est une Bétika soulagée et rayonnante de bonheur qui rejoint sa loge.
«C’est Jésus qui a fait tout ça, il faut croire en lui», lance-t-elle. Dans le public, son fils de 17 ans, sa mère, ses sœurs… venus la soutenir, sont eux aussi soulagés, pour son premier live. «Leur» Bétika a rendu une copie assez propre.
18 ans après sa participation à Podium, Bétika est peut-être sur la voie pour accomplir «la prophétie» de Drogba.
C’est tout le mal qu’on lui souhaite.

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