| Toronto, mercredi 8 février. Tony Parker est en déplacement avec les San Antonio Spurs pour affronter les Raptors. Le portable sonne. C'est Mark Fleisher, son agent : « Tony, tu es sélectionné pour le All-Star Game. » Le meneur de 23 ans est submergé par la joie. Intérieurement. L'exubérance n'est pas dans sa nature. Il reste concentré, professionnel jusqu'au bout des baskets. Sur le parquet, il est le meilleur joueur de son équipe. Il fait presque oublier Tim Duncan, absent sur blessure, membre à part entière du cinq majeur de la Conférence Ouest pour le All-Star Game, et qu'il accompagnera donc à Houston, le 19 février, comme remplaçant de luxe. En fait, sa participation au All-Star Game n'est pas une surprise. Les fans du Français n'ont été, certes, ni assez nombreux ni assez bien organisés pour l'y envoyer par la force de leurs suffrages (voir encadré). Cela pourrait être son prochain défi. Mais il a accompli une moitié de saison éblouissante et, au-delà de Gregg Popovich, son coach à San Antonio, les 29 autres entraîneurs de la Ligue ont pour lui les yeux de Chimène. Leurs bulletins étaient acquis au Français pour le poste de meneur remplaçant à l'Ouest. « C'est un grand honneur », a déclaré sobrement Tony Parker. Il a pleinement conscience du caractère historique de l'instant, mais c'est dans la réaction de son entourage qu'il en a saisi toute l'ampleur. « J'ai compris que je venais de réaliser quelque chose de grand quand j'ai eu mon petit frère, Pierre, au téléphone, raconte-t-il sur son site Internet (www.tp9.net). Il n'arrêtait pas de crier. Quant à mon père, il n'a pas pu contenir ses larmes. » Vu de France, on ne se rend peut-être pas bien compte du palmarès exceptionnel que Tony Parker est en train de se bâtir. Cette sélection parmi l'élite intervient après seulement quatre saisons et demie en NBA, déjà ponctuées par deux titres suprêmes (2003, 2005). Habitué des grands matches avec les Spurs, « TiPi » va découvrir les fastes et la démesure de la plus grande ligue du monde, entr'aperçus avec l'équipe des Rookies, en 2002. Le All-Star Game, c'est la vitrine de la NBA. Au milieu d'une saison régulière interminable (82 matches pour chaque équipe), le basket américain fait son show durant trois jours. Un col de 1re catégorie avant d'attaquer la descente vers le sprint final des play-offs. Jeu en altitude, paillettes, musique, pom-pom girls et autres animations en tous genres, on en prend plein les yeux. Dans les tribunes, quelques habitués : Will Smith, Eminem, Britney Spears ou Leonardo di Caprio. Cette année, les Destiny Childs, Beyoncé Knowles en tête, vont même se reformer, le temps d'un mini-concert à la mi-temps. Et pour accueillir« TiPi », un hôte de taille. le Chinois Yao Ming, 2,29 m, qui évolue chez les Houston Rockets. Croisé dans les vestiaires du Madison Square Garden, après une victoire face aux New York Knicks, dimanche 5 février, le géant jaune nous avait confié que, selon lui, Tony Parker méritait d'être un All-Star : « C'est un joueur fantastique pour sa taille. Il est très rapide, il bouge bien, il manie bien le ballon. Il dirige le jeu d'une très |