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Après Zoro en Italie, Eto’o en Espagne: le racisme progresse
Trois mois après l'Ivoirien Marc Zoro, Samuel Eto'o a, lui aussi, bien failli quitter le terrain en plein match samedi dernier à Saragosse. Excédé, l'attaquant camerounais venait d'essuyer une pluie de cacahuètes, accompagnée d'un concert de cris de singe, au moment où il s'apprêtait à tirer un corner.
Comme ce fut le cas en Italie pour Marc Zoro lors de Messine-Inter, il a fallu que l'arbitre et les joueurs des deux équipes fassent preuve de persuasion pour que Eto'o accepte de reprendre le jeu. Même si, une fois encore, l'événement a suscité l'indignation générale, on peut malheureusement douter qu'elle ait une influence concrète sur l'attitude inqualifiable de ces «supporters». Et se demander si tous les joueurs n'auraient pas dû abandonner ensemble le terrain. Un signe fort qui aurait certainement laissé une trace plus marquée encore dans les mémoires. Comme la décision qu'avait courageusement prise en 2004 M. Temmink, arbitre néerlandais, d'interrompre à dix minutes du terme la rencontre entre La Haye et PSV Eindhoven. Parce qu'il ne supportait plus les insultes antisémites que lui adressaient les supporters locaux. Quelques jours plus tard, la fédération appuyait comme il le fallait son choix en donnant match gagné sur le tapis vert au PSV.
Les faits ne suivent toutefois que rarement des déclarations fracassantes qui s'évanouissent avec le temps. En Espagne surtout. Pour mémoire, le même Eto'o avait subi les mêmes insultes dans le même stade il y a un an. Alors déjà l'indignation était palpable mais Saragosse avait simplement écopé d'une amende de 9000 francs!
Quand le mauvais exemple vient d'en haut
Mais ce qui entrave le plus cette lutte contre le racisme est l'attitude que peuvent avoir ceux qui devraient donner le bon exemple. En automne 2004, Luis Aragones, le coach de la sélection espagnole, avait qualifié le Français Thierry Henry de «Noir de m...» lors d'un entraînement précédant une partie entre l'Espagne et l'Angleterre. Pour se justifier, Aragones avait prétendu qu'il ne s'agissait que d'une plaisanterie destinée à motiver José Reyes, son coéquipier à Arsenal. Une semaine plus tard, les internationaux de couleur anglais allaient pourtant être victimes d'insultes de la part des supporters espagnols...
Trouver le bon remède pour mettre fin à cette forme de stupidité humaine n'est pas facile du tout. En novembre dernier, les parlementaires européens se sont eux-mêmes penchés sur la question. Pour finalement demander d'examiner «la possibilité d'infliger des sanctions sportives» à qui se rend coupable de racisme. Une suggestion alors accueillie à bras ouverts par l'UEFA. «C'est une lutte prioritaire, affirmait le Norvégien Per Ravn Omdal. Nous donnerons le pouvoir nécessaire à l'arbitre pour suspendre ou annuler un match s'il le juge opportun.»