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La salle du petit Méliès a refusé du monde ce mercredi 25 Octobre 2006 à l'occasion de la projection en avant-première du documentaire Fangafrika. Réalisé par le collectif français Stay calm, ce chef-œuvre défini comme un ovni rapologique est un véritable hymne à la révolte. « Révolutionner, il faut tout reconstruire à la base » scande le rappeur sénégalais Awadi dans le film. Les images s'allient à la musique et à la parole. Le rap retrouve tout son sens contestateur dans une Afrique chargée par tous les maux de l'anti-développement. De Ouaga à Thiroye, en faisant escale à Bamako, Niamey, Lomé, Fangafrika donne à voir une tropicalisation réelle du Hip Hop en Afrique. De jeunes rappeurs tous militants de première ligne prennent le stylo, le micro et se mettent devant les projecteurs. Objectif : crier leur ras-le-bol et celui de leurs concitoyens. Que ce soit avec Awadi, Negrisim, Tatapound, Smarty, Dud'n J ou encore Pris'k, le message reste le même : refuser que la parole reste baillonnée. Fangafrika donne de l'énergie aux voix des sans voix pour que le réveil des consciences provoque des réflexions. Film engagé, 52 minutes de travail artistique. Fidèle à son esprit, Fangafrika démontre avec sincérité la claque que prend le Hip Hop en contact avec les réalités africaines. Pas de fiction rien que de la réalité. Fangafrika ausculte l'Afrique. Le diagnostic est alarmant. L'histoire s'arrête-t-elle là ? Non, selon le MC du film Apkass. Alors, que la société civile reprenne l'écho de l'artiste.
Christian Koné